Activité physique & endométriose

On entend beaucoup parler d’Elle et pourtant on la connaît peu finalement…

Elle se niche une petite place au fond, tout au fond, bien au chaud et reste bien installée dans sa “coquille” la coquine. Puis un jour, Elle commence à se manifester, à se répandre bien “proprement”.

La voilà, proliférant ses kystes, ses nodules...ses inflammations. Une “joyeuse” aventure démarre entre elle et vous, une aventure qui dure souvent quelques années avec peu de hauts mais beaucoup de bas, le tout étant de savoir comment elle et vous allez désormais cohabiter ensemble…


> L’endométriose est une maladie souvent chronique parfois récidivante qui atteint une femme sur dix à ce jour.

J’ai entendu parler de cette maladie il y a cinq ans, au moment où la comédienne Laëticia Millot (marraine de l’association EndoFrance) mettait en avant son combat pour tomber enceinte alors atteinte d’endométriose.

Depuis, j’ai appris que plusieurs amies proches et connaissances étaient aujourd’hui atteintes elles-aussi de cette maladie depuis plusieurs années, chacune à des degrés (il existe 4 stades de gravité de la maladie à ce jour) et symptômes différents mais chacune menant un vrai combat quotidien contre la douleur, le manque d’information, le manque d’outils pour soulager la douleur quasi quotidienne…

Aujourd’hui, j’écris cet article pour informer les femmes (mais aussi les hommes), pour lever le voile sur une pathologie dont on connaît peu de choses (mais déjà un peu plus qu’hier) , pour apporter quelques outils concrets à travers l’activité physique afin de soulager les douleurs et ainsi vivre un quotidien un peu plus serein.





Il y a autant d’endométrioses que de femmes qui en sont atteintes !


> Reprenons depuis le début, l’endométriose tient son nom de l’endomètre (la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus). Cette muqueuse se développe tout au long du cycle menstruel (comprenez par “cycle” la durée totale du 1er jour des règles jusqu’au 1er jour des règles du prochain cycle et non la durée des règles) qui varie en moyenne autour de 28 jours. En l’absence de fécondation, l’endomètre s’élimine naturellement au moment des règles.

Chez une femme atteinte d’endométriose, l’organisme ne peut éliminer ces lésions au moment des règles. Résultat : micro-hémorragies internes, inflammation, kystes, nodules etc…

De plus, cette muqueuse (chez la femme atteinte d’endométriose) peut se développer de façon anarchique en dehors de l’utérus (vagin, rectum, vessie, intestins et même poumons dans certains cas).

Autant vous dire que d’une femme à l’autre, l’endométriose est très différente et nécessite donc une prise en charge personnalisée.


> De la banalisation de la douleur au diagnostic tardif de la maladie

J’ai grandi à une époque (formidable) où avoir mal pendant les règles étaient aussi normales et banales que de manger du Nutella ou des Petits Princes (dont on s’aperçoit aujourd’hui qu’ils sont bourrés de perturbateurs endocriniens).

Je fais donc partie de cette générations de femmes (25-40 ans) qui banalisions nos douleurs menstruelles, nous auto-culpabilisions presque de ne pas réussir à gérer ce flux émotionnel constant (sans parler du Syndrome Pré Menstruel mais ça c'est une autre histoire).

Puis les consciences se sont éveillées, les recherches médicales ont avancées, les mots se sont déliés et un diagnostic a été posé :

“Madame, vous avez l’endométriose...depuis plus de dix ans. Vous êtes à un stade avancé de la maladie”


Voilà les mots que mon amie a reçu de plein fouet de la part d’un médecin spécialiste de cette maladie (suite à une échographie endo-pelvienne) après une lutte de treize ans sans savoir pourquoi elle souffrait autant chaque mois, pourquoi aucune pilule contraceptive ne faisait effet, pourquoi elle se retrouvait anémiée à chaque règles, tant de pourquoi sans aucune réponse durant toutes ces années…

Le diagnostic est donc tombé comme un couperet. Une forme de soulagement posé ENFIN avec un mot concret sur des symptômes bien présents (non ce n’était pas dans sa tête) et une auto-culpabilisation immédiate de se dire que depuis toutes ces années elle aurait pu, elle aurait dû, elle aurait voulu

Beaucoup de femmes dans le cas de mon amie malheureusement qui sont dans une incompréhension, dans un flou et une méconnaissance et qui, pourtant subissent chaque mois en prenant sur elle (parce que finalement on s’habitue à la douleur c’est normal).

Malheureusement, c’est aujourd’hui des diagnostic tardifs qui sont annoncés aux femmes qui découvrent cette maladie après des crises plus fortes que d’habitude (à se retrouver aux urgences pour certaines).

Je m’adresse donc à TOUTES les femmes, si vous sentez que vous répondez aux symptômes ci-dessous n’attendez pas, allez consultez et surtout demandez à faire un examen gynécologique et radiologique. Votre médecin minimise votre demande ? Changez et consultez un autre professionnel qui vous écoutera et prendra en compte sérieusement votre demande, il s’agit de VOTRE santé !

Voici quelques symptômes parmi un florilège :

Douleur aïgues pendant les règles (voir même en dehors des régles)

Rapports sexuels douloureux

Saignements en dehors des règles

Soucis d’infertilité

Troubles digestifs et urinaires aggravés pendant les règles etc...

Ne sous-estimez plus ces douleurs si vous vous reconnaissez vraiment dans ces phrases !


Voici un court métrage très parlant co-produit par EndoFrance




> Lutter contre la douleur à travers le mouvement de façon globale et intelligente !

Sans parler de l’endométriose, il est important de bouger son corps car (comme je me plais à le répéter souvent) : le mouvement c’est la vie !

Le mouvement permet de lutter contre les dysfonctionnement et troubles fonctionnels. Et je ne parle même pas de sport ou d’activité physique mais juste de BOUGER.

Je ne parlerai pas dans cet article de tous les praticiens qui permettent de soulager les douleurs et travaillent à la décontraction du petit bassin : ostéopathie, chiropraxie, acupuncture, kiné périnéale (ce n’est pas mon domaine et eux le feront mieux que moi pour vous dire quoi et comment faire...)

Dans le cadre de pathologies ou maladies chroniques comme l’endométriose, l’activité physique permet de soulager la douleur mais encore faut-il savoir quoi faire et comment le faire.

L'idée est de rétablir une forme l’homéostasie (équilibre) dans le corps à travers un travail de mobilité du tronc pour libérer les tensions dans les viscères, lutter contre l’hyper pression sur le petit bassin et toute la zone endo-pelvienne à travers des exercices de respiration et décompression. Comme je vous le disais en début d’article, chaque endométriose est différente selon les femmes. Les douleurs assez générales chez toutes les femmes se situent (essentiellement) au niveau du petit bassin (utérus, vessie, rectum…) MAIS l’endométriose pouvant se mouvoir un peu partout dans le corps il est fréquent que certaines femmes ressentent également des migraines, problème de respiration ou autre contraction qui viennent perturber l’équilibre des fascias et du système nerveux sympathique et parasympathique.

Voici donc quelques outils à appliquer lors de périodes de crises (mais aussi en dehors pour aider à prévenir ces périodes de crises) :

> La Cohérence Cardiaque : un outil extrêmement simple d’utilisation qui permet de rééquilibrer le Système Nerveux Végétatif. En travaillant sur le système nerveux, nous venons communiquer avec le nerf vague (le nerf le plus long du corps qui relie le système encéphal au système digestif), décontracter le diaphragme, les viscères… Respirer est la première porte vers la décontraction. Respirer permet de relâcher les tensions, soulager les douleurs, mieux gérer l’anxiété et les émotions négatives…

> Les ELDOA (Etirement Longitudinaux Décoaptation Ostéo Articulaire) qui vise à la décompression de la colonne vertébrale par des exercices simples mais qui se doivent d’être accompagnés par un professionnel certifié ELDOA.

> Yoga doux et étirements (torsion lombaire, torsion thoracique, position de l’enfant, extension dorsale, ischios jambiers, psoas, pelvi-trochantérien…) plus spécifiquement voici les types de Yoga que je vous conseille : Yin Yoga, Yin Yoga Restoratif, Yoga Nidra, Hatha Yoga doux

En dehors des mauvaises périodes, ne vous restreignez pas et écoutez vous tout simplement ! Aucune activité physique n'est, à priori, restreinte.

Marchez, nagez, dansez, courrez, chantez etc... Bougez !


> Faire de son corps un allié et non un ennemi

A force d’être dans la douleur au quotidien, il est difficile d’associer le mouvement ou l’activité physique à quelque chose de positif. C’est pourquoi l’Education Thérapeutique du Patient me paraît essentiel pour que les femmes reprennent confiance dans leur corps et se le réapproprient positivement petit à petit. Car oui, comme pour beaucoup de maladies chroniques, les douleurs fantômes existent bien. Et il est souvent difficile pour le cerveau de faire la différence entre une douleur fantôme et une vraie douleur concrète, le corps ayant tellement l’habitude d’être sous tension et crispation.

Cette réappropriation du corps passe donc par une prise de conscience en s’accordant du TEMPS POUR SOI. Prendre le temps pour que son corps ne soit plus un ennemi mais bel et un bien allié pour les années à venir.


> Les hommes aussi sont concernés !

Ce n’est pas parce que cette maladie est “féminine” que les concubins, les maris, les conjoints n’en souffrent pas eux aussi ! Ils se sentent souvent impuissants face à la douleur de leur bien-aimée.

C’est d’ailleurs ce qui a poussé Thomas Ramos (joueur de rugby au Stade Toulousain) à devenir parrain de l’association EndoFrance depuis quelques mois afin de soutenir sa compagne dans ce combat et “faire connaître cette pathologie dans le milieu masculin”.

Messieurs, oui vous pouvez aider, soutenir, comprendre vos femmes et c’est déjà beaucoup !



Je n’ai pas parlé de fertilité, de stérilité, de grossesse en lien avec cette maladie mais l’endométriose a des répercussions sérieuses dans la vie d’un couple et cela n’est pas à minimiser vu le nombre de nouveaux “cas” découverts chaque jour tardivement.

Lors de la dernière table ronde organisée par EndoFrance à Toulouse à laquelle j'ai assisté sur “La fertilité et l’endométriose”, j’ai d'ailleurs été agréablement surprise de voir autant d’hommes que de femmes présents.


> J’ai besoin de votre aide aujourd’hui pour réaliser ce projet !

A ce jour, il existe un seul programme en Education Thérapeutique du Patient en Endométriose (labellisé par l’Agence Régionale de Santé) qui a vu le jour au CHU de Montpellier l’année dernière. Je suis diplômée en Sport Santé et Education Thérapeutique du Patient, je peux donc mettre en place ce genre de projet MAIS pas sans une équipe de professionnels de santé à mes côtés ( et puis ce n’est pas mon souhait de faire cela seule).

Mon souhait est de faire la même chose à Toulouse, de pouvoir réunir une équipe de professionnels de santé avec moi pour mettre en place ce type de programme ETP afin d’accompagner un groupe de femmes atteintes de cette maladie autour de diverses “temps pour Soi” à travers l’activité physique, la thérapie manuelle, l’échange et la discussion, la relation du couple.

Je vous avoue que je suis un peu “seule” à vouloir faire cela sur Toulouse, c’est pourquoi j’ai besoin d’aide. Si ce projet vous intéresse, que vous êtes professionnel de santé (médecin, gynéco, kiné, ostéo, chiropracteur…) je serai ravie de vous rencontrer afin que nous puissions monter ce projet ensemble et le faire soutenir par l’ARS.

N’hésitez pas m’envoyer un mail lauriannemartini@gmail.com

Je vous remercie de tout coeur de l’intérêt que vous porterez à cette demande, pour Elles, pour Eux.


Si vous êtes arrivés jusque là merci de tout coeur, mon article était très long j'en ai conscience. Je ne voulais rien laisser au hasard.

Merci pour Sophie, Aurélie, Valérie, Caroline.... et toutes les autres


Laurianne MARTINI

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