L'endométriose, cette grande inconnue

Mis à jour : 18 nov. 2019

C'était le thème de la conférence à laquelle j'ai assisté ce samedi 16 novembre au Muséuum de Toulouse organisé par Futurapolis avec Yasmine Candau, présidente de EndoFrance, le Dr Jean Philippe Lestrade, chirurgien gynécologue et créateur de l'application MyEndoApp (en collaboration avec EndoFrance) et Daniel Vaiman, directeur de recherches Inserm et responsable de l’équipe Génomique, épigénétique et physiopathologie de la reproduction à l’Institut Cochin de Paris.

Je précise que toutes les informations relatées dans cet article proviennent de sources sérieuses, de professionnels formés sur ce sujet depuis plusieurs années.

Que savons nous à ce jour des avancées de l'endométriose ?  D'après les dernières recherches que l'on connaît, cette maladie pourrait être à la fois génétique, auto-immune (les maladies auto-immunes résultent d'un dysfonctionnement du système immunitaire conduisant ce dernier à s'attaquer aux constituants normaux de l'organisme) mais aussi liée à des facteurs environnementaux... Encore beaucoup d'inconnu sur les causes de cette maladie.



A ce jour selon Daniel Vaiman, les recherches en biologie moléculaire avancent (avec notamment une étude financée par EndoFrance pour évaluer le lien génomique de mère à fille sur la maladie et ainsi mieux comprendre le développement de cette maladie chronique)  A ce jour, la durée moyenne pour évaluer un diagnostic d'endométriose est de sept ans

Oui sept ans... Voilà pourquoi certaines femmes vous parleront de "parcours du combattant". Information intéressante, il semblerait que ni les perturbateurs endocriniens, ni les contraceptifs n'ont de lien direct avec le développement de la maladie. Ceux ci, en tout cas, n'augmentent pas le risque de développement de cette maladie.



Photo de Alexis-Kriss Derisse

Que peut on faire pour dépister cette maladie chronique le plus tôt possible ?  PARLER ! Le Dr Lestrade a bien confirmé qu'il y a un vrai manque d'information en internat de médecine sur cette maladie donc c'est aux médecins de se former, de s'informer par eux-même et surtout de prendre le temps D'ÉCOUTER et D'ÉCHANGER avec la patiente.  Un professionnel de santé alerte, curieux, bienveillant pourrait établir un premier diagnostic sur cette maladie par la simple mise en place d'un questionnaire complet qui permettrait de savoir si la patiente est atteinte d'une endométriose mais pour cela il est nécessaire de LIBERER LA PAROLE et prendre le temps d'échanger entre patient et praticien.  Le Dr Jean-Philippe Lestrade (avec le soutien d'EndoFrance) a développé l'application MyEndoApp qui permet d'établir un premier dépistage de la maladie grâce à un questionnaire en ligne et permet aussi une assistance au traitement de cette maladie. Bien évidemment, cette application ne remplace pas un diagnostic (et les examens qui vont avec) effectué par un professionnel de santé. Malheureusement, et c'est un fait, la France reste loin derrière les autres pays en matière de prévention et nous avons encore beaucoup à faire pour améliorer cela et diminuer la durée moyenne d'un diagnostic d'endométriose. 

Que faire aujourd'hui pour gérer cette maladie au quotidien, notamment la gestion de la douleur ?  Yasmine Candau a parlé d'une chose essentielle pour "mieux vivre" la maladie au quotidien : "L'acceptation" . Accepter que cette maladie fait partie de Soi permet aussi de mieux appréhender et gérer la douleur.

C'est d'ailleurs dans la PAROLE et l'ECHANGE qu'il sera plus facile de mettre en place ce processus d'acceptation et c'est aussi pour cela que l'association EndoFrance existe, pour soutenir, informer, agir.  Même si scientifiquement cela n'est pas encore prouvé, il semblerait que les médecines douces soient un vrai support dans le cadre de la gestion de la douleur ainsi que les thérapies alternatives type sophrologie, hypnose, ostéopathie, chiropraxie,acupuncture etc...

Cela a non seulement un impact sur le relâchement des tensions et contractions au niveau du bassin et de la paroi utérine (entre autre) mais cela aurait également un impact positif sur le Système Nerveux Central.

A savoir que notre cortex cérébral perçoit directement la douleur par la transmission d'un signal neuronal donc toute forme de douleur perçue à plus ou moins forte échelle et de façon régulière entraînera une accélération du cortisol (hormone du stress).

Pour faire clair et simple, une douleur ressentie dans le corps sera également ressentie dans le cerveau car Corps et Cerveau sont directement liés.

Je ne vous parlerai pas de la partie médication qui existe déjà car je ne suis pas médecin et cela n'est pas mon ressort.


C'est pourquoi, avec Claire Sistach (kinésithérapeuthe) nous travaillons depuis plusieurs mois sur l'écriture d'un E-book qui propose aux femmes de "mieux vivre la maladie au quotidien". Ce e-book rassemblera trois chapitres d'exercices simples et accessibles autour de la respiration, des étirements et de mouvements de mobilité .

L'idée de cet ebook est de permettre de reprendre confiance dans son corps par Soi Même à travers le Mouvement, devenir Actrice de sa Santé !

Nous espérons la sortie de cet Ebook : "Endométriose & Mouvements", début 2020 :)

Pour être tenue au courant de la sortie, n'hésitez pas à m'envoyer un mail



Photo de Alexis-Kriss Derisse

L'alimentation, fait également partie des premiers éléments importants à prendre en compte dans le cadre de cette maladie inflammatoire. Le Dr Lestrade l'a bien rappelé et a insisté sur cet élément, qu'il est nécessaire pour une femme atteinte de l'endométriose de modifier son alimentation (une première porte pour être actrice de santé) de façon à ce que celle-ci soit plus "saine" et favorise moins les les douleurs à répétition dûes aux inflammations. Cela nécessite donc de s'alimenter avec moins de sucre transformé , éviter le lait de vache et les protéines animales. Mais je vous conseille de vous faire accompagner par des naturopathes ou nutritionnistes qui seront plus à même de vous orienter comme il se doit.

Si ce sujet sur l'alimentation vous intéresse de façon plus générale et que vous souhaitez aller plus loin sur le sujet, je vous conseille le super documentaire : The Game Changers




Aujourd'hui, même si il n'y existe aucun traitement pour éradiquer définitivement la maladie (en dehors de la ménopause chimique et encore...), les recherches avancent, la biologie moléculaire et la génétique nous en disent plus.

Plusieurs études se développent et cela donne de l'espoir pour trouver des traitements efficaces et définitifs dans les années à venir.


En attendant, il est important de continuer à libérer la parole sur ce sujet, d'informer, d'échanger et de garder l'espoir sur les avancées scientifiques et médicales.


Laurianne Martini



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